« Même les motos ne peuvent plus passer en saison des pluies. » Les populations d'Okakro, dans la sous-préfecture de Bédiala, lancent un plaidoyer urgent pour le reprofilage de l'axe Bédiala, Okakro, Bandiahi. Récoltes bloquées, malades difficiles à évacuer, enfants en retard à l'école : elles décrivent un isolement qui pèse sur toute la vie du village.
Les populations du village d'Okakro, dans la sous-préfecture de Bédiala, ont adressé le 18 octobre 2026 un plaidoyer urgent au maire de Bédiala, au député de Bédiala et au président du Conseil régional du Haut-Sassandra. Au nom des habitants d'Okakro et des villages riverains, la lettre réclame un reprofilage lourd et urgent de l'axe Bédiala, Okakro, Bandiahi, devenu selon elles totalement impraticable faute d'entretien depuis des années.
Une route coupée en saison des pluies
« Notre voie n'a pas été reprofilée depuis des années. Aujourd'hui, elle est devenue totalement impraticable », écrivent les signataires. Selon eux, même les motos ne passent plus en saison des pluies, tandis que les tricycles et les voitures restent bloqués.
Des récoltes qui pourrissent dans les campements
Pour ce village qui se présente comme un grand producteur agricole, les conséquences sont d'abord économiques. Les femmes ne parviennent plus à acheminer la banane plantain, le manioc et la tomate vers le marché de Bédiala. Les récoltes de cacao et de café, elles, pourrissent dans les campements, faute de pouvoir être évacuées.
La situation intervient dans un contexte déjà tendu pour les producteurs de cacao de la zone. Fin septembre, les planteurs de Bandiahi, à l'autre bout de cet axe, restaient mobilisés lors du passage du Synap-CI près de Bédiala pour réclamer de meilleurs prix et l'écoulement de leurs stocks.
Malades et élèves pénalisés
Au-delà des récoltes, la lettre pointe des risques pour la santé. Les malades, et en particulier les femmes sur le point d'accoucher, ne peuvent plus être évacués rapidement vers l'hôpital de Bédiala. Les enfants, de leur côté, arrivent en retard à l'école.
Un appel aux élus
« Okakro est un grand village producteur, nous contribuons au développement de la région. Mais sans route, il n'y a pas de développement », plaident les habitants. Ils sollicitent un reprofilage lourd, avec apport de matériaux et construction de petits ouvrages, et disent compter sur « le sens élevé de l'écoute » de leurs élus pour les populations rurales.
Le plaidoyer s'adresse notamment au président du Conseil régional du Haut-Sassandra, Mamadou Touré, qui avait mené en septembre une tournée de remise d'infrastructures scolaires et sanitaires dans la région.
La Rédaction
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