Porté par une mobilisation de centaines de producteurs venus de plusieurs régions, le président du Synap-CI, Koné Moussa, a exigé samedi à Daloa la démission sans délai du directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves. Prix, stocks invendus, dialogue rompu : un mois après le début de la grève, le syndicat durcit encore le ton.
Le président du Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire (Synap-CI), Koné Moussa, a exigé le samedi 17 octobre 2026 à Daloa la démission sans délai du directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves. Il s'est exprimé face à la presse en marge d'un hommage que lui ont rendu des centaines de producteurs venus de plusieurs régions productrices du pays. Le leader syndical reproche au directeur général son incapacité à apporter des réponses concrètes aux difficultés quotidiennes des producteurs et son inaccessibilité face à leurs préoccupations.
Un départ réclamé depuis le début de la grève
Ce n'est pas la première fois que le Synap-CI réclame la tête du directeur général. Dès le 21 septembre à Bouaflé, cinq jours après le lancement de sa grève illimitée le 16 septembre, le syndicat exigeait le départ sans condition de Koné Brahima Yves. À Daloa, Koné Moussa est allé plus loin en dénonçant, selon ses propos, le recours à « des mesures d'intimidation et à des emprisonnements ». Il n'a pas précisé les cas auxquels il faisait référence. À notre connaissance, le Conseil du Café-Cacao n'a pas réagi publiquement à ces accusations.
Le prix et les stocks au cœur des revendications
Interrogé sur la rémunération des producteurs, le président du Synap-CI a précisé que son syndicat ne formulait pas, pour l'heure, de contre-proposition de prix. Il s'en tient à l'engagement de l'État de garantir aux producteurs 60 % du prix CAF.
Le prix de 1 200 F CFA le kilogramme reste au centre de la contestation, comme lors de la tournée de Koné Moussa à Duékoué et Bangolo le 22 septembre. Le syndicat réclame aussi une solution urgente pour l'écoulement des stocks encore détenus par les producteurs et leurs coopératives.
Un séminaire inclusif proposé
Pour sortir de l'impasse, Koné Moussa affirme disposer de plusieurs propositions et documents de travail. Selon lui, la nomination d'un nouveau directeur général permettrait d'ouvrir un dialogue constructif, à travers un séminaire inclusif réunissant toutes les parties prenantes de la filière. « Un syndicat ne doit pas se limiter à la critique, il doit aussi proposer des solutions durables », a-t-il martelé.
868 000 membres revendiqués
Face aux contestations sur le poids réel de son organisation, le leader syndical affirme que le Synap-CI compte 868 000 membres identifiés. Il invite les organisations qui contestent ce chiffre à une confrontation de leurs bases de données.
Visiblement marqué par l'ampleur d'une mobilisation organisée en quelques jours seulement, Koné Moussa a exprimé sa fierté et sa reconnaissance. Dans le Haut-Sassandra, la mobilisation ne faiblit pas depuis septembre : les producteurs de Bédiala restaient déjà mobilisés lors du passage du leader syndical le 24 septembre. Il y voit un encouragement à poursuivre son combat pour la défense des intérêts du monde agricole, et en particulier de la filière café-cacao.
La Rédaction

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