De 18 000 à 46 000 francs CFA : en quelques mois, le prix du poisson a plus que doublé, selon les commerçantes. À bout, les vendeuses de poisson de Daloa sont descendues dans la rue mercredi et ont investi plusieurs chambres froides. Reçues par le préfet de région, elles ont obtenu l'ouverture d'une enquête sur les prix, en échange d'une trêve jusqu'à lundi.
Les vendeuses de poisson de Daloa, rejointes par d'autres femmes, ont manifesté le mercredi 21 octobre 2026 contre la flambée des prix de cette denrée. Dans la matinée, les manifestantes ont investi plusieurs chambres froides de la ville et tenté d'empêcher leurs responsables de poursuivre leurs activités. Des dégradations ont été signalées. Reçues ensuite à la préfecture de région, elles ont obtenu du préfet, Yacouba Doumbia, l'ouverture d'une enquête sur l'évolution des prix du poisson.
Des prix multipliés par deux
« Si vous voyez toutes ces femmes qui se manifestent, c'est parce que nous sommes fatiguées. Chaque jour, le prix du poisson augmente », a lancé Lago Liliane, présidente des femmes commerçantes. Elle cite deux exemples : l'Apolo, qu'elles achetaient à 19 000 francs CFA, est passé à 35 000 francs CFA, soit une hausse de 84 %. Le Sosso est passé de 18 000 à 46 000 francs CFA, deux fois et demie son prix d'origine. « Où va-t-on avec tout ça ? », s'est-elle interrogée.
Pour les commerçantes, cette hausse des coûts d'approvisionnement réduit leurs marges et rend leur activité de plus en plus difficile. Elle pèse aussi sur les ménages, pour qui le poisson reste un aliment de base.
Les chambres froides dénoncent du vandalisme
Du côté des grossistes, le ton est tout autre. Le président des chambres froides du Haut-Sassandra, Aka Marcel, dénonce les dégradations commises pendant la manifestation et rejette toute responsabilité dans la hausse. « Ce matin, nous avons assisté à des actes de vandalisme des femmes. Elles ont saccagé les chambres froides, tout ça pour une histoire de hausse des prix. Alors que cela ne dépend pas de nous. C'est un problème international », a-t-il déclaré.
Une enquête sur les prix et une trêve jusqu'à lundi
Après leur mouvement, les manifestantes ont été reçues à la préfecture de région par le préfet Yacouba Doumbia, en présence de l'adjoint au maire Inza Sylla. Le préfet a appelé au calme et privilégié le dialogue.
Il a chargé le directeur régional du Commerce, N'cho Beda Jean, de faire la lumière sur l'évolution des prix du poisson. Il a demandé aux femmes de suspendre leur mouvement jusqu'au lundi 26 octobre, le temps d'obtenir les premiers résultats. Le préfet a assuré que des actions seraient entreprises pour améliorer la situation, sans en préciser la nature.
La Rédaction

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